🌿 Biodiversité au Sri Lanka : un joyau fragile

Quand on pense au Sri Lanka, on voit souvent les plages, les plantations de thé et les trains dans la brume… Mais la biodiversité au Sri Lanka, c’est encore autre chose : une densité de vie hallucinante sur un tout petit territoire, avec des espèces qu’on ne trouve nulle part ailleurs.

Ce joyau, il fait rêver. Mais il est aussi fragile : déforestation, fragmentation des habitats, changement climatique, conflits homme–faune… Tout ça se joue ici et maintenant. Cet article te donne une vue d’ensemble simple : espèces endémiques, parcs naturels, grands enjeux de conservation et rôle que tu peux jouer si tu viens sur place.

🐾 Un hotspot de biodiversité à l’échelle mondiale

Le Sri Lanka est reconnu comme l’un des grands “hotspots” mondiaux de biodiversité, avec la plus forte diversité par unité de surface d’Asie pour les plantes à fleurs et la plupart des grands groupes de vertébrés (sauf les oiseaux). 

Quelques chiffres pour mesurer l’ampleur du truc :

  • plus de 3 300 espèces de plantes à fleurs recensées 

  • environ 27 % des plantes sont endémiques, c’est-à-dire qu’on ne les trouve qu’ici 

  • environ 22 % des amphibiens, oiseaux, mammifères et reptiles sont endémiques à l’île 

Sur une carte, le Sri Lanka paraît minuscule. En termes de biodiversité, c’est un géant compact.

🌱 Espèces endémiques : ce qu’on ne trouve qu’ici

L’endémisme, c’est vraiment la marque de fabrique de la biodiversité au Sri Lanka.

Par exemple :

  • Les amphibiens : sur environ 120 espèces, plus de 110 seraient endémiques, ce qui donne au Sri Lanka l’un des taux d’endémisme les plus élevés du monde pour ce groupe. 

  • Les forêts humides abritent une foule d’espèces uniques de grenouilles, lézards, insectes, orchidées… qu’on ne verra jamais ailleurs. 

  • Côté mammifères, on pense souvent au léopard du Sri Lanka, au langur à face violette, à l’éléphant sri-lankais ou à des chauves-souris spécialisées dans ces forêts anciennes. 

Ce qui rend ces espèces si précieuses, ce n’est pas juste qu’elles soient “belles” ou “rares”. C’est qu’en disparaissant ici, elles disparaissent pour toujours, à l’échelle de la planète.

🌳 Parcs naturels et forêts protégées : les derniers refuges

Heureusement, une partie de cette biodiversité est protégée dans un réseau d’aires naturelles : parcs nationaux, réserves strictes, forêts de conservation, sanctuaires…

Quelques repères :

  • Environ 26,5 % du territoire est classé en aire protégée, tous statuts confondus. 

  • Le Département de la Conservation de la faune gère plus de 10 000 km² de zones protégées, soit près de 19 % de la surface terrestre du pays. 

  • On compte plus de 100 aires protégées consacrées à la vie sauvage, dont une quarantaine de parcs nationaux ouverts au public. 

Parmi les sites emblématiques :

  • Yala : célèbre pour ses léopards, mais aussi pour ses paysages de savane, ses marais et sa côte. 

  • Udawalawe : connu pour ses éléphants et ses grands espaces ouverts. 

  • Bundala : une zone humide majeure pour les oiseaux migrateurs. 

  • Sinharaja Forest Reserve : la dernière grande forêt tropicale primaire du pays, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. On y trouve plus de 60 % d’arbres endémiques et plus de la moitié des espèces endémiques de mammifères et de papillons du pays. 

Ces lieux ne sont pas juste “jolis à visiter”. Ce sont des refuges critiques pour des écosystèmes qui n’existent plus ailleurs dans cet état.

⚠️ Un joyau sous pression : les grandes menaces

Derrière la carte postale, la biodiversité au Sri Lanka subit de fortes pressions. Les grandes tendances se retrouvent dans plusieurs rapports scientifiques et officiels : 

  • Perte et fragmentation des habitats : déforestation illégale, extension agricole, plantations, infrastructures.

  • Surexploitation : pêche excessive, collecte de bois, extraction de ressources.

  • Espèces exotiques envahissantes qui concurrencent les espèces locales.

  • Pollution de l’air et de l’eau, liée aux industries, aux transports et à l’agriculture intensive.

  • Conflits homme–faune : éléphants qui endommagent les cultures, léopards proches des villages, etc.

  • Changement climatique : modification des régimes de pluie, événements extrêmes plus intenses (inondations, glissements de terrain), impacts sur les forêts, les zones côtières et les espèces sensibles.

Les forêts humides, en particulier, sont très vulnérables : quand une parcelle est fragmentée, certaines espèces d’amphibiens, de reptiles ou de plantes ultra spécialisées perdent leur habitat et ne peuvent pas simplement “se déplacer plus loin”. 

Dit autrement : l’équilibre est déjà fragile. Chaque projet, chaque défrichement, chaque route mal pensée peut vraiment faire basculer un petit morceau du puzzle.

🧭 Et toi, concrètement, tu peux faire quoi en venant au Sri Lanka ?

Tu ne vas pas “sauver la biodiversité au Sri Lanka” à toi tout·e seul·e, et ce n’est pas l’idée. Par contre, tu peux choisir comment tu entres dans cet écosystème, surtout si tu viens pour un stage, un volontariat ou un voyage long.

Quelques leviers simples :

  • Choisir des activités et des structures qui respectent les règles des parcs : rester sur les sentiers, ne pas harceler les animaux pour une photo, éviter les opérateurs qui sortent des zones autorisées.

  • Privilégier les projets qui travaillent avec les communautés locales plutôt que contre elles : conservation participative, agriculture durable, éducation, tourisme responsable.

  • Limiter ton impact direct : déchets, bruit, respect des habitats sensibles (zones de nidification, mares, mangroves…).

Chez Volunteer Horizon, une partie des projets touche directement ou indirectement à ces enjeux :

Education à l’environnement, soutien à des organisations locales, participation à des actions liées à la conservation ou à la gestion durable des ressources. L’objectif, ce n’est pas de “jouer au scientifique”, mais d’apporter un coup de main utile à des partenaires qui, eux, sont là toute l’année.

🌟 Comprendre la biodiversité au Sri Lanka pour mieux s’y engager

Voir les chiffres, lire des listes d’espèces, se dire “waouh, c’est un hotspot mondial”… tout ça reste assez abstrait tant que tu n’as pas mis le pied dans une forêt comme Sinharaja, entendu les grenouilles après la pluie ou vu un éléphant traverser une piste au lever du jour.

Mais partir sans rien comprendre à ce que tu as sous les yeux, c’est un peu dommage aussi.

Savoir que :

  • le pays héberge un niveau d’endémisme exceptionnel,

  • près d’un tiers du territoire est désormais classé en aire protégée,

  • et que cette richesse est menacée par des pressions bien identifiées,

change ta manière de voyager, de passer ton stage, de raconter ce que tu vis.

En venant au Sri Lanka, tu entres dans un endroit où la biodiversité est à la fois un trésor et un combat en cours. Plus tu arrives informé·e, curieux·se et humble, plus tu peux trouver ta place à l’intérieur de cette histoire-là. Que ce soit comme voyageur, stagiaire ingénieur·e, étudiant·e en commerce, ou simplement humain qui veut comprendre un peu mieux le vivant.

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